Kessel

KEEP CALM AND PROCRASTINATE !

Les tips pour mieux procrastiner

BURN-OUT
3 min ⋅ 23/06/2026

Procrastination, késaco  ?

C’est la tendance à remettre systématiquement des actions à plus tard.  

Une illustration de ce concept ? Écrire cette newsletter sur la procrastination la veille de l’envoyer parce qu’il y a 3 semaines j’avais pas mal avancé et que jusque là je me sentais laaaaaaaarge ! 
Oui, vous avez le droit de me juger.



Néanmoins, si j’en crois le monde de l’édition, je ne suis pas la seule atteinte par ce dysfonctionnement.

Allez donc jeter un oeil au rayon développement personnel et vous y découvrirez un florilège d’ouvrages aux titres plus explicites les uns que les autres :

Vaincre la procrastination, Dire stop à …, Apprivoiser …, Arrêter …, En finir avec …, Stop à …, Comprendre …, Comment venir à bout de …, Comment éviter … , Comment arrêter ….

Le mal du siècle ne serait donc pas le mal de dos, ni même les appels en haut parleur (quand même un peu non? ) mais peut-être bien, la procrastination !

La procrastination c’est mal ?

Pourquoi est-ce aussi mal vu ? En premier lieu parce que ça va à l’encontre total de l’injonction à toujours plus d’efficacité et de productivité qui nous pousse au contraire à faire plusieurs choses en même temps aka multitasking.

Pour la blague, il y a quelques années, figurez vous qu’on m’avait proposé d’écrire un livre sur l’efficacité professionnelle.
J’ai fini par confier le projet à d’autres vraiment organisées et efficaces. Coucou Marie-Laure et Soizic ;)

Ok les entreprises et la société n’aime pas qu’on perde du temps mais, pour soi-même, est-ce aussi méga néfaste qu’on semble le penser ?

J’ai cherché les études sur le sujet et voilà ce qu’il en ressort

Déjà, quand on parle d’effets négatifs sur la santé, la plupart des chercheurs s’appuient sur le "procrastination-health model" de Sirois et al., qui postule que la procrastination agit sur la santé via le stress chronique qu'elle génère, plutôt que directement.

Sinon, l’étude la plus récente Johansson et al. (2023) sur plus de 3000 étudiants suédois, avec suivi à plusieurs mois d'intervalle.
Résultat : un score de procrastination élevé au départ est associé à un risque accru de dépression, d'anxiété, de stress, de troubles du sommeil, de douleurs physiques et de solitude par la suite.
En bref, un mix de Sauron et Palpatine.

Limite reconnue par les auteurs de l’étude : 

  • les données restent auto-déclarées, 

  • le sens de la causalité (la procrastination cause-t-elle le mal-être ou l'inverse) n'est pas tranché.

Ok cela temporise un peu.

C’est pas vraiment de notre faute !

Ecoutez bien les fous de l’organisation et du rétro-plannnig avec une marge incluse pour être toujours avant la deadline : apparemment, tout serait lié  au « Intention-Action Gap ». 

Ce gap symbolise le fossé qui peut se creuser entre notre intention de faire quelque chose et le moment où l’on passe véritablement à l’action.

C’est lié au « coût d’entrée”, au « coût de maintien » et à  « la récompense ».
Coût de quoi ? Rembobine Micheline.

Vous savez quoi, je vais plutôt laisser Albert Moukheiber, notre neuroscientifique préf of the world  nous l’expliquer. 

Albert nous dit au passage que ce n’est pas qu’une question de manque de volonté et que cela peut même avoir un intérêt de stresser plus tard… A bon entendeur.

Dans un autre format, Tim Urban, expert dans l’art de la procrastination en a fait un TEDx hilarant et déculpabilisant.
On y découvre la passionnante différence entre les cerveaux d’un procrastinateur et d’un non procrastinateur mais on y parle aussi de la mère de Justin Bieber.

Les bénéfices

Et si on prenait le contrepied et qu’on regardait les avantages à procrastiner.

Est ce que, comme le cholestérol, il y aurait la bonne et la mauvaise procrastination ? 

Déjà est ce que vous étiez au courant qu’il existe une journée mondiale de la procrastination (le 25 mars) ? C'est David d'Equainville, fondateur des éditions Anabet, qui en est à l’origine.  
Il affirme que :

La procrastination c'est une défense immunitaire face à une société extrêmement rude, un moyen positif de se défendre des assauts du monde contemporain.

De mon côté, j’ai récemment lu Petit éloge de la procrastination d’Emmanuel Vilin qui décrit la procrastination comme 

“L’acceptation du temps perdu. A rebours des réseaux sociaux, elle ne doit pas nous détourner de ce que nous étions censés faire, mais nous conduire à prendre du recul, à nous éloigner de l’agitation du monde et de ses mille et une sollicitations afin de laisser la place à la réflexion, au repos, voire à l’ennui - et pourquoi pas à la créativité.”

En effet, la créativité a besoin de temps et est rarement compatible avec un emploi du temps millimétré où tout s’enchaine. Donc la prochaine fois que vous repousserez le moment de vous mettre sur un dossier, vous pourrez expliquer à votre boss que vous êtes juste dans une phase d’exploration créative. ;)

La procrastination et l’art

Mythe ou réalité, beaucoup d’artistes ont la réputation de procrastiner. En particulier, les écrivains et écrivaines, de rendre leur manuscrit en retard ou de négocier la deadline.

Il existe aussi une procrastination chez les lectrices et lecteurs à l’autre bout de la chaîne. Cela porte un nom merveilleux en japonais, le Tsundoku ou l’art de collectionner les livres sans jamais les lire Le mot en japonais signifie littéralement “pile de livres non lus”

En français, parmi la blogosphère littéraire, on dit plutôt PAL ou pile à lire. Moins poétique mais ça revient au même.

Les pistes anti-procrastination

Je ne sais pas pour vous dans quelle catégorie vous vous placez et si vous êtes désormais totalement tranquilisée, ou pas, avec l’idée de procrastiner.

Personnellement, même en sachant tout cela, cela ne m’empêche pas de continuer à culpabiliser et de m’énerver quand je me mets au dernier moment sur un sujet que je pouvais anticiper.

Et puis, il y a la procrastination qui permet le coup de boost de dernière minute pour terminer à minuit moins une, et il y a la procrastination qui vous fait prendre le risque de rater quelque chose, de faire des erreurs ou de mettre d’autres personnes en difficulté.

Au fil du temps, j’ai testé quelques techniques.

Déjà, j’essaie d’identifier la cause pour voir comment agir et ce qui se joue pour moi. M’interroger si je peux agir directement sur la raison initiale.

Par exemple, je vais essayer de faire la différence entre la procrastination par appréhension de ne pas savoir faire (nouveau sujet), par flemme (sujet rébarbatif ou peu intéressant), par sous-estimation du temps réel nécessaire ( “jsuis large!”), par peur de faire un choix ou encore par perfectionnisme. 

Ensuite, j’adopte parfois une des approches ci-dessous (ou je les cumule si besoin) :  

  • diviser le projet que en activité de moins de 2h et programmer la 1ère

  • programmer un minuteur de 5mn et de me mettre sur le sujet. Si au bout des 5mn, je suis prête à continuer, j’y vais, sinon j’arrête mais en général j’ai déjà les idées un chouilla plus claires.

  • identifier par projet ,des “partenaires de responsabilité”.
    Ce sont des personnes qui acceptent de s’investir à la hauteur qu’elles souhaitent pour vous aider à avancer sur un sujet.
    Par exemple en début d’année, j’avais 3 projets pro : créer cette newsletter (checked, merci Adélaïde ! ), mettre en place un coaching collectif de femmes en posture de leadership (checked, merci Karine ! ) et creuser l’utilisation possible de mon seule en scène en entreprise (en cours, merci Florence ! )

Cette dernière approche est pour moi la plus efficace sur des nouveaux projets qui me font autant envie que peur.

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Et vous, la procrastination, a) vous ne connaissez pas, b) c’est votre 2ème prénom et cela ne vous dérange plus, ou c) vous essayez toutes les techniques pour la combattre ?

SI vous êtes dans la dernière situation, à tout hasard, vous pouvez tester cette technique révolutionnaire  d’un psy américain trop peu connu ;)

Sur ce, continuez à vous hydrater et on se revoit le mois prochain !

BURN-OUT

Par Clémence Partouche Ceyrac

Clémence se passionne pour le monde du travail : ses aberrations et comment les gens le vivent.
Ex RH puis coach depuis 2010, elle s’intéresse à la relation que nous entretenons avec notre job et accompagne la carrière de celles et ceux qui se posent des questions.

En 2025, elle a écrit et joué un seule en scène : Artiste Anonyme qui s’interroge sur l’artiste en nous.

Elle n’aime pas les réseaux mais elle y est quand même donc vous pouvez la contacter sur Linkedin, si elle y est, elle vous répondra :)